Samedi 2 octobre a eu lieu l’inauguration du data center de Google à Saint-Ghislain en Belgique. Ce samedi avait lieu l’inauguration du centre de données de Google à Saint-Ghislain, près de Mons en Belgique. L’occasion pour nous de visiter les locaux… Par un temps sombre et pluvieux, perdu au milieu d’une zone industrielle, ce « Community Day » organisé par Google pour inaugurer son centre de données en Belgique n’avait rien de très chaleureux au premier abord. Pourtant, comme toujours avec le géant de la recherche, il valait mieux se méfier des apparences et cette journée – finalement très bonne – n’a pas échappé à la règle. Des chapiteaux avaient été installés pour accueillir les invités et les intervenants. Après un verre d’accueil, les quelques 600 personnes qui avaient été tirées au sort (principalement des habitants de la région) ont pu assister au discours de Freddy Bonhomme, le co-responsable de ce centre de données installé à Saint-Ghislain près de Mons.
Ce liégeois d’origine, qui travaille chez Google depuis 17 mois, est revenu sur l’histoire de ce Data Center dont les travaux ont commencé en 2007. « Nous avons reçu un soutien incroyable de nos partenaires ! » explique-t-il. « Plus de 3000 personnes de 85 entreprises [locales] ont travaillé sur ce site de plus de 80 hectares ». Aujourd’hui 120 personnes sont employées par Google à Saint-Ghislain, « dont 75 wallons » insiste l’ingénieur qui ajoute que ce projet est un investissement de 250 millions d’euros.
Freddy Bonhomme est également revenu sur les particularités de ce Data Center, qu’il estime être l’un des plus innovants. Sa consommation électrique est en effet moitié moins importante que la moyenne. Pour le refroidissement des serveurs, la firme utilise directement l’eau du canal à proximité. « Nous nettoyons cette eau, donc nous la rejetons dans le canal plus propre qu’elle ne l’était » conclue-t-il.
La visite a continué dans la salle de réparation des serveurs. Un panneau demande de « ne rien stocker dans les zones de travail », ce qui est un comble lorsqu’on se trouve dans un entrepôt de données… Suite de la visite par le quai de chargement, puis aperçu furtif de la salle de contrôle, où trois personnes sont présentes en permanence. Tous les voyants sont au vert aujourd’hui. Une cantine est également présente. « Il n’y a pas d’alcool ! » prévient le responsable du site ; étonnant au pays de la bière. On apprendra par la suite que finalement l’alcool est bien présent sur le site, tout du moins en tant que nom de salles de réunion : Jupiler, Chimay, Duvel, Orval, Westvleteren… Les connaisseurs apprécieront. Vient en suite le fameux centre de données proprement dit, là où sont entreposés les serveurs. « Nous ne visiterons pas cette partie » annonce Freddy Bonhomme. Déception parmi les journalistes et hommes politiques présents. « C’est un centre non conventionnel » explique le responsable, qui ne veut pas être copié par la concurrence. La salle est protégée par une porte imposante et un outil de contrôle de l’iris, « et quand des partenaires doivent faire des interventions sur le site, nous les escortons » ajoute-t-il. La sécurité est définitivement le maitre-mot pour ce lieu sensible. Près du centre de données de The Dalles, dans l’Oregon, des chasseurs endommagent les installations. Un risque que cela se reproduise ici ? « Non », assure M. Bonhomme.
Suite de la visite avec les bureaux des employés. Il y a 62 places, dont 40 occupées actuellement. Une grande partie des Googlers sur le site n’ont pas de bureau défini, car ils sont toujours en mouvement. Tout est très bien rangé, pas un seul ordinateur qui traine ni un seul Post-it avec des mots-de-passe dessus – pourtant ce n’est pas faute d’avoir cherché. La visite de ce bâtiment tout neuf s’achève sur une courte partie de ping-pong puis de baby-foot entre le bourgmestre et le ministre, histoire d’avoir des bonnes images pour les journalistes. Freddy Bonhomme annonce son intention de faire entrer Google à la CCI locale pour s’intégrer à la communauté, en soutenant des écoles et des universités par exemple. À la question de savoir si le développement de cette structure va continuer, il répond qu’il n’y a « pas de plan concret, mais il y a de la place pour s’agrandir ! » Nous avons eu ensuite la chance de discuter avec des employés de Google. « L’ambiance de travail est très agréable, très fun » explique un googler. « Si vous avez une bonne idée, elle peut très vite être prise en compte » ajoute Sébastien, opérateur hardware de 38 ans, employé depuis un mois par la multinationale. « Ils nous font tout de suite confiance ».
Fin de la journée, le centre de données ferme ses portes aux visiteurs et aura gardé une grande partie de ses secrets, et ce pour longtemps encore.